Vendredi 14 Décembre 2007

Il est vrai que cela fait quelques temps que j'ai deserté ...Mais, les choses de la vie ont souvent sur nous raison. Qu'y faire sinon accepter au risque d'être complètement emporté par la vague...

 

De quelque manière que ce soit « Aimer » est déjà fondamentalement une souffrance. Cette dernière devient d’autant plus dévorante lorsque son cheminement devient sinueux et cahoteux !

 

 

Parfois, …,

J’ai le sentiment d’avoir été seul ma vie entière,

Sans personne avec qui ramer

M’échinant  à contre courant,

Et  machinant  mes sentiments les plus profonds

Infertiles peut être,

Mais ça c’est moi !

Je peux fertiliser d’autres déserts incultes

Et laisse mon  lœss stérile.

Un être solitaire, je suis ;

Couper de ses racines et de ses ramures

A la recherche désespérée

D’un port d’ancrage

D’une âme profonde,

D’une paix où mourir,

De mots qui seraient le reflet de moi-même

Où la douleur même

Valse agréablement  avec les chimères

Et l’ivresse enchanteresse

Entonne le  don de soi.

Etrange sentiment de ma vie entière

De solitude et d’amertume

Face à tant d’ingratitude.

J’ai parfois tenté de lire Nietzsche

Pour y trouver quelques raisons

En y songeant

Qu’il est ou serait mon meilleur compagnon

Mais devant cet imbroglio kafkaïen

Me traiterait-il de misérable idiot

Ou pire : perdant sur toutes les facettes

D’homme exceptionnel qui a manqué et détérioré son chemin.

Parfois…,

Je tente de libérer ma souffrance à travers l’écriture et la poésie,

Mais ni bon poète, ni écrivain émérite.

Je regarde hébété ma feuille blanche muette

Et mon sombre cachot.

Je n’ai rien.

Pas de biens,

Pas d’amis et peut être aussi de famille,

Pas de science, ni d’éloquence du verbe.

Pas plus de jeunesse

Laissée inutilement derrière moi

Itou ma vigueur combattive.

Mon monde est un rêve désabusé

J’ai raté tant de choses

L’amitié de mes proches

La considération de mes disciples

Les conditions d’un papy doré

Et éventuellement le chemin éternel verdoyant

Je passais chaque jour de ma tourmente

Personne à qui parler,

Pas de chaleur,

Un soleil douteux jouant à qui mieux-mieux

Avec de nombreux nuages

Surchargés de noirceur,

Aucun ami vers qui me tourner

Quand la tristesse m’envahit.

Personne avec qui pleurer

Quand la solitude m’étreint et m’étouffe.

Je me dis à moi-même que je n’ai pas su

Faire partie du troupeau

Alors…,

Personne ne peut comprendre.

Ou peut-être,

Personne ne veut simplement comprendre.

Et alors…,

Je pense à Dieu

Pour discrètement panser mes blessures

Pour rechercher la foi de me lever

Pour puiser la force d’avancer

Même si je vois nettement que je recule

Mon esprit dérive

Je pense à la mort.

Pourtant je voudrais tant voir encore

Mes bébés naître

Leur insuffler un peu de ma folie

De mes gambades aux étoiles

Tels les aigles aux regards perçants

Peut-être…

Il y a pourtant tant encore à voir

Les cimes imprenables où

Nietzsche a rencontré Zarathoustra.

Je voudrais aussi ensuite me porter

Vers les lacs et les cygnes figés à l’éternité

Pour parler de vie, d’amour, de liberté et de temps

Egalement, de désespoir et de mort.

Je n’ai retiré aucun confort des ivresses,

Non plus des philosophies

Nietzsche et Lamartine apportent juste une paix éphémère

À mon âme troublée et torturée.

Le sommeil est mon seul sanctuaire.

Dans lequel je me recroqueville

Et m’élève enfin à travers la nuit,

Pour tourbillonnant dans la clarté singulière.

Pareil au papillon de printemps saoulé de nectar

Tournoyant, virevoltant, embrassant les nuages.

Puis…,

La bête me réveille.

Me précipite au bord de la falaise.

Ce gouffre froid,  noir et tellement.

Souvent appelé par euphémisme société

Qui joue à être le maître, le dieu.

Exigeant la vénération de l’individu

Et l’asservissement de son âme

De cette réalité inacceptable

Mes vents de nuit hurlent à la mort

De douleurs insupportables,

Les roches de mon assise s’effondrent,

Je glisse…

Je tombe…

Loin de l’étreinte de cette Bête.

J’écoute impuissant

Ses rires insolents et ses sarcasmes

Abandonné et désarmé.

Je ne sais pas quoi faire d’autre que subir.

Dans mon silence que je veux stoïque

Me dynamitant dans mon dedans

Et je me sens terriblement, horriblement

Seul.

L’isolement de celui qui a manqué et détérioré son chemin.

Parfois,

J’en appelle désormais si vaguement à Kipling

Pour lui emprunter la nécessité de regarder devant

De se lever encore

De rebâtir pour être un homme

Ou de faire au moins semblant d’en être

Parfois …,

Bien que je ne sois ni bon poète ni écrivain émérite.

Je me sens si seul

 

 

Alger, par ce temps si pluvieux, la veille d’un jeudi où les uns se voient déjà des élus et certains déjà déchus, c’était le 28/11/07

 

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