Alger....
Ma douce romance. Ma rebelle indomptable! Paradis éternel de mes chimères sans cesse renouvelées. Enfer de mes cauchemars pas encore conjurés. Epure blanche et noire tirée à grands traits tout à la fois gauches, naïfs ou exubérants cachant tendrement à jamais un filigrane incrusté par les noces des figues de barbarie et des troupeaux de gazelles fêtées par la symphonie du grillon et le labeur de la fourmi.
Mon si merveilleux chemin sinueux escarpé où la délicate fraîcheur de la rosée gambade paisiblement d'un coin à un autre au gré de tes méandres et des ombres du figuier funambule, se jouant sans cesse des cris envahisseurs et des jappements conquérants d'une chaleur envahissante souvent vénimeuse pareille aux piqûres d'aspics que seules les éfluves de la lavande et du romarin appaisent constamment.
J'ai tant et tant cheminé dans tes veines et tes venelles entre ciel et terre, tantôt grimpant péniblement chaque marche et la suivante; me laissant convaincre, à mon corps défendant, par le rituel de la résistance face à l'escalade en surplus de la sempiternelle attaque répétée inlasseblement des guêpes cherchant à butiner tes plus belles fleurs ; tantôt, a quelque palais, m'adossant pour reprendre mon souffle, je retrouve subitement mon moi idéal et paix innée. Alors, je me retrouve envahi par la douceur de cette quiétude et me surprends pendant un instant à mesurer combien je suis épris de ta beauté naturelle et davantage encore.
Dans l'ivresse de cet amour et de cette oasis, les yeux bien ouverts et l'esprit au paroxysme de sa lucidité, je sais enfin, sans nul doute possible, que je suis toujours capable de ressentir et de partager l'amour et même de matérialiser l'objet de cette jouissance.
Comme j'aurai aimé que ce temps de ma conscience du dedans de moi réel dur, dur, dur...; et comme j'aurai souhaité que d'aucun comprenne mon message et ma souffrance de son ignorance.
Mon sublime Alger, sûr de ta fidélité je peux parfaitement tolérer et ne point être jaloux de quelque séducteur louant ta jeunesse et tes charmes, je n'aime pas seulement les maquereaux qui cherchent à t'asservir pour étouffer ton MOI...