Il est vrai que cela fait quelques temps que j'ai deserté ...Mais, les choses de la vie ont souvent sur nous raison. Qu'y faire sinon accepter au risque d'être complètement emporté par la vague...
De quelque manière que ce soit « Aimer » est déjà fondamentalement une souffrance. Cette dernière devient d’autant plus dévorante lorsque son cheminement devient sinueux et cahoteux !
Parfois, …,
J’ai le sentiment d’avoir été seul ma vie entière,
Sans personne avec qui ramer
M’échinant à contre courant,
Et machinant mes sentiments les plus profonds
Infertiles peut être,
Mais ça c’est moi !
Je peux fertiliser d’autres déserts incultes
Et laisse mon lœss stérile.
Un être solitaire, je suis ;
Couper de ses racines et de ses ramures
A la recherche désespérée
D’un port d’ancrage
D’une âme profonde,
D’une paix où mourir,
De mots qui seraient le reflet de moi-même
Où la douleur même
Valse agréablement avec les chimères
Et l’ivresse enchanteresse
Entonne le don de soi.
Etrange sentiment de ma vie entière
De solitude et d’amertume
Face à tant d’ingratitude.
J’ai parfois tenté de lire Nietzsche
Pour y trouver quelques raisons
En y songeant
Qu’il est ou serait mon meilleur compagnon
Mais devant cet imbroglio kafkaïen
Me traiterait-il de misérable idiot
Ou pire : perdant sur toutes les facettes
D’homme exceptionnel qui a manqué et détérioré son chemin.
Parfois…,
Je tente de libérer ma souffrance à travers l’écriture et la poésie,
Mais ni bon poète, ni écrivain émérite.
Je regarde hébété ma feuille blanche muette
Et mon sombre cachot.
Je n’ai rien.
Pas de biens,
Pas d’amis et peut être aussi de famille,
Pas de science, ni d’éloquence du verbe.
Pas plus de jeunesse
Laissée inutilement derrière moi
Itou ma vigueur combattive.
Mon monde est un rêve désabusé
J’ai raté tant de choses
L’amitié de mes proches
La considération de mes disciples
Les conditions d’un papy doré
Et éventuellement le chemin éternel verdoyant
Je passais chaque jour de ma tourmente
Personne à qui parler,
Pas de chaleur,
Un soleil douteux jouant à qui mieux-mieux
Avec de nombreux nuages
Surchargés de noirceur,
Aucun ami vers qui me tourner
Quand la tristesse m’envahit.
Personne avec qui pleurer
Quand la solitude m’étreint et m’étouffe.
Je me dis à moi-même que je n’ai pas su
Faire partie du troupeau
Alors…,
Personne ne peut comprendre.
Ou peut-être,
Personne ne veut simplement comprendre.
Et alors…,
Je pense à Dieu
Pour discrètement panser mes blessures
Pour rechercher la foi de me lever
Pour puiser la force d’avancer
Même si je vois nettement que je recule
Mon esprit dérive
Je pense à la mort.
Pourtant je voudrais tant voir encore
Mes bébés naître
Leur insuffler un peu de ma folie
De mes gambades aux étoiles
Tels les aigles aux regards perçants
Peut-être…
Il y a pourtant tant encore à voir
Les cimes imprenables où
Nietzsche a rencontré Zarathoustra.
Je voudrais aussi ensuite me porter
Vers les lacs et les cygnes figés à l’éternité
Pour parler de vie, d’amour, de liberté et de temps
Egalement, de désespoir et de mort.
Je n’ai retiré aucun confort des ivresses,
Non plus des philosophies
Nietzsche et Lamartine apportent juste une paix éphémère
À mon âme troublée et torturée.
Le sommeil est mon seul sanctuaire.
Dans lequel je me recroqueville
Et m’élève enfin à travers la nuit,
Pour tourbillonnant dans la clarté singulière.
Pareil au papillon de printemps saoulé de nectar
Tournoyant, virevoltant, embrassant les nuages.
Puis…,
La bête me réveille.
Me précipite au bord de la falaise.
Ce gouffre froid, noir et tellement.
Souvent appelé par euphémisme société
Qui joue à être le maître, le dieu.
Exigeant la vénération de l’individu
Et l’asservissement de son âme
De cette réalité inacceptable
Mes vents de nuit hurlent à la mort
De douleurs insupportables,
Les roches de mon assise s’effondrent,
Je glisse…
Je tombe…
Loin de l’étreinte de cette Bête.
J’écoute impuissant
Ses rires insolents et ses sarcasmes
Abandonné et désarmé.
Je ne sais pas quoi faire d’autre que subir.
Dans mon silence que je veux stoïque
Me dynamitant dans mon dedans
Et je me sens terriblement, horriblement
Seul.
L’isolement de celui qui a manqué et détérioré son chemin.
Parfois,
J’en appelle désormais si vaguement à Kipling
Pour lui emprunter la nécessité de regarder devant
De se lever encore
De rebâtir pour être un homme
Ou de faire au moins semblant d’en être
Parfois …,
Bien que je ne sois ni bon poète ni écrivain émérite.
Je me sens si seul
Alger, par ce temps si pluvieux, la veille d’un jeudi où les uns se voient déjà des élus et certains déjà déchus, c’était le 28/11/07
